mardi 27 novembre 2012

Prix littéraires de la Fondation ManpowerGroup pour l’emploi : l’humain au pouvoir

Les 5 livres récompensés par la fondation ManpowerGroup démontrent toute l'importance et l'intérêt du management collaboratif parce que l'humain, dans l'entreprise, est à la fois le moteur et le but. Ces 5 ouvrages, dans des styles différents, avec des auteurs d'horizons divers, attirent notre attention sur l'importance de faire évoluer les modes relationnels et les modes de travail.

Les ouvrages :
Prix littéraires de la Fondation ManpowerGroup pour l’emploi : l’humain au pouvoir

jeudi 22 novembre 2012

Créativité, leadership, management collaboratif, cohésion : un outil innovant pour les stimuler



L’entreprise cherche aujourd’hui à s’adapter aux nouvelles donnes d’un monde en mouvement et en changement. Elle a de plus en plus besoin de développer des solutions innovantes et doit, pour cela, pouvoir s’appuyer sur des équipes soudées, totalement dévolues à la croissance de créativité, et sur un management moteur et accompagnateur de la coopération.
Notre cerveau est ainsi fait quesa partie préfrontale occupe environ 30 % de sa structure totale. Cette zone est particulièrement impliquée (entre autres) dans les opérations de langage, représentations, projections, conscience, prise de recul et créativité. La créativité est donc une spécificité humaine que nous avons besoin de faire fonctionner à la fois pour continuer à la développer et pour garantir une forme d’équilibre à l’individu.  

Par ailleurs, la logique collaborative quant à elle, s’inscrit dans notre biologie, ainsi que nous avons eu l’occasion de l’évoquer dans un précédent article sur les réseaux sociaux. 

Ces deux principes étant posés, il faut néanmoins aider les organisations à faciliter les conditions de catalyse de cette créativité et de cette logique collaborative qui, culturellement, ne vont pas toujours d’elles-mêmes dans l’entreprise. Notamment grâce à des outils eux-mêmes innovants et créatifs.

Et pour favoriser créativité et intelligence collective, des moyens existent, offerts tant par de nouveaux modes de travail que par la technologie. Toutefois, pour qu’ils puissent livrer une efficacité optimale, ils demandent souvent de changer nos habitudes de fonctionnement en même temps que nos représentations, afin de (re)créer un vrai mode collectif, cela grâce à une pleine conscience de l’intérêt d’une coopération sans réserve. 

Dans cette adaptation, un outil s’avère particulièrement efficace en entreprise car il agit sur plusieurs compétences :

  •         Le développement du leadership
  •         L’entraînement au travail collaboratif et au management collaboratif
  •         La stimulation de la créativité
  •         L’accroissement de la cohésion

Et sur plusieurs plans pour le cerveau :

  •         Métaphorique
  •         Analogique (cognitif)
  •         Émotionnel par activation des circuits de la récompense et sécrétion d’hormones de plaisir  (dopamine, séropamine, morphine endogène)
  •    Cohésif (la musique et le chant développent empathie et cohésion sociale)     

Cet outil très novateur, c’est lechant polyphonique Gospel, pour les entreprises.
Pour en savoir plus, cliquer ici. 
L'étude de l’action de la musique sur le cerveau démontre depuis une dizaine d’années grâce aux IRM les effets bénéfiques d’une pratique même occasionnelle et en amateur. En effet, la musique, le chant, « sculptent » notre cerveau et agissent de façon visible sur nos capacités d’apprentissage. Le Gospel quant à lui, parce que polyphonique et simple à pratiquer, est particulièrement adapté au travail en entreprise et à ses objectifs collaboratifs. Il est à lui seul un outil collaboratif qui ne demande aux participants aucune connaissance préalable du chant ou du solfège, et aucun savoir-faire particulier.  

Le principe
Le principe de cet outil lorsqu’il est utilisé dans l’entreprise est de créer, avec une équipe (comité de direction ou managers + collaborateurs) une « chorale Gospel », le temps d’un atelier d’une demi-journée ou d’une journée. 

Durant ce moment créatif par excellence, une vraie cohésion s’installe durablement grâce à la complicité qui s’installe naturellement au travers du chant. Et par le travail mis en place au cours de l’atelier, une prise de conscience s’opère sur des éléments essentiels au management collaboratif et à une équipe créative et solidaire, tels que :

  •         La nécessité, pour la qualité du chant, de la coopération effective de chaque sous-groupe et de chaque personne pour chanter des parties différentes selon les objectifs à atteindre. 
  •         L’importance des complémentarités vocales et de la solidarité qui créent l’harmonie.
  •         L’utilité d’un langage et de codes partagés, de signes clairs pour se comprendre et avoir une transmission efficace.
  •         Le besoin et le sens d’une écoute réelle.
  •         L’espace de créativité qui peut s’exprimer grâce au groupe qui assure la base, qui rassure et offre un tremplin interactif.
  •         La place utile de l’émotion, du plaisir d’agir et de réussir ensemble
  •         L’apport de l’enthousiasme et de l’énergie à la qualité du projet-chant et à la dynamique
  •         Le rôle de coordination du chef de chœur et la place du/des soliste(s) (des rôles qui seront tour à tour expérimentés par les participants).


Les circuits de la récompense qui s’activent dans le cerveau permettent aux participants de (re)découvrir le plaisir de coopérer. Mais aussi de réussir un management de type collaboratif qui, par sa créativité, stimule des réponses créatives et appropriées.

Grâce à cette pratique nouvelle et à cet environnement stimulant, les équipes découvrent toutes les analogies avec leur quotidien professionnel, enrichissent par là même leurs interactions et fourmillent d’idées à mettre en œuvre.

A quand un atelier Gospel ou encore un « lip dub » Gospel dans votre entreprise ?

Vidéo : interview de Pierre Lemarquis, le Magazine de la santé - Musique et cerveau.

"Sérénade pour un cerveau musicien" - Pierre Lemarquis, éd. Odile Jacob
"Le cerveau, boîte à musique" - Sciences Humaines
Musicophilia. La musique, le cerveau et nous. Oliver Sacks , éd. du Seuil
"La symphonie neuronale" - Journal du CNRS

mardi 6 novembre 2012

Santé des dirigeants de TPE : Les actualités de l'observatoire Amarok

Dans la continuité des travaux d'investigation qu'il mène sur la santé des petits patrons, l'observatoire Amarok annonce prochainement une cellule psychologique à la disposition des dirigeants de petites entreprises et autres travailleurs non salariés. Ceci en prévention des risques psychosociaux et risques de dépression qui guettent cette population dont la santé, bonne ou mauvaise, impacte directement celle de leur entreprise.


Rappelons qu'Amarok est l'observatoire de la santé des dirigeants de PME, commerçants et artisans. Il rassemble une équipe, des chercheurs, des participants volontaires, des partenaires. L'ensemble est coordonné par Olivier Torrès, universitaire et fondateur de l'observatoire.

Tout ce travail de l'observatoire est d'autant plus indispensable que l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) et le baromètre TPE IFOT-Fiducial nous apprennent que "le stress est la première cause des problèmes de santé des dirigeants de TPE". Voici un extrait de la dernière lettre d'information de l'INRS :



"Selon le Baromètre TPE IFOP-Fiducial auprès de 1 003 dirigeants de très petites entreprises, près d'un quart des patrons de TPE aurait connu un problème de santé lié au travail au cours des 2 années écoulées. Le stress et l'anxiété sont les premières causes citées. 44 % des dirigeants de TPE de 1 à 19 salariés déclarent ressentir un fort niveau d'anxiété, essentiellement dû aux difficultés économiques de leur entreprise. L'enquête met également en lumière la solitude des chefs d'entreprise en cas de difficultés personnelles : moins de 12 % d'entre eux en font part dans leur entourage professionnel, 15 % préférant les garder pour eux. Par ailleurs, il est à noter que des initiatives se mettent en place pour favoriser la prévention des risques liés à l'activité professionnelle des patrons de TPE. Parmi celles-ci on peut notamment citer le dispositif RSI-Pro mis en place par le Régime social des indépendants."


Extrait du portail de Fiducial mettant en ligne le baromètre des TPE :

"Le stress, première cause des problèmes de santé des dirigeants de TPE

Paris, le 1er octobre 2012 – La 47ème édition du Baromètre des TPE, réalisée par l’IFOP pour FIDUCIAL auprès des Très Petites Entreprises, dresse un état des lieux de la santé des patrons de TPE. Un quart d’entre eux a rencontré des problèmes de santé dont 72 % sont liés à l’anxiété et au stress dans une période économique incertaine. En parallèle, ils sont plus de 42 % à faire état d’une dégradation de l’exercice de leur fonction. Face à ces situations, le conjoint est le premier interlocuteur des dirigeants d’entreprise."

Les conspirateurs positifs

"L'avenir ne se prévoit pas, il se prépare" (Maurice Blondel). 

Pour explorer les souhaitables, il est des "conspirateurs positifs" qui chaque jour explorent et expérimentent, au-delà des cadres et des vieux schémas, de nouveaux champs de possibilités. Bravant les critiques, les sceptiques, les pessimistes, les "ça ne marchera jamais" et les "c'est utopique !", ils passent du "je veux que ça change" à "je suis porteur du changement". 

Créatifs et créateurs, ils pensent différemment, s'affranchissent des freins de pensée comme des freins du passé. Conscients que les paradigmes que nous connaissons ont vécu et loin de l'anxiété ambiante, ils s'enthousiasment pour la construction de nouveaux fonctionnements sociétaux et entrepreneuriaux. Leur inventivité s'incarne dans une innovation collaborative et dans des actions pluridisciplinaires.

Mathieu Baudin, ecoprospectiviste, Directeur du think tank l'Institut des Futurs Souhaitables, intervenait en Octobre dernier pour TEDxParis. Il nous présente en quelques minutes de cette vidéo ces conspirateurs positifs et nous parle de cette nouvelle terre vierge à explorer : le futur.

jeudi 1 novembre 2012

Joël de Rosnay "Les visions pyramidales sont en train d'exploser"

L'économie collaborative est l'avenir. Profil-Leader a consacré récemment un long article sur ce sujet : "Réseaux sociaux et crises : ils changent les sociétés, le monde... et l'entreprise".

Nous vous proposons aujourd'hui le lien vers une synthèse de l'entretien passionnant de OuiShare avec Joël de Rosnay après son intervention aux journées de la Cité de la réussite.Les structures pyramidales ne sont plus adaptées, et vient l'heure d'une économie horizontale, collaborative qui est l'avenir.

http://ouishare.net/fr/2012/10/joel-rosnay-transition-collaboration/

jeudi 18 octobre 2012

Le bonheur en entreprise, ça existe !

Si l'on entend souvent parler de souffrance au travail et de stress, c'est qu'il y a bel et bien une réalité vécue dans certaines entreprises, grandes, moyennes ou petites. Les raisons en sont multiples, et trouvent parfois leur origine dans le changement de la société (passée de la valeur travail à la valeur finance) porté en interne par une vision et une stratégie quasi exclusivement financières.

Dans certains autres cas, les raisons du mal-être sont à chercher dans des strates organisationnelles et des procédures limitantes, ou au contraire dans l'absence totale de procédures et règles du jeu partagées. Il est aussi des situations dans lesquelles la souffrance est due au manque de formation, de savoir-faire du management, souvent en souffrance lui aussi et démuni. Ou encore des entreprises où le management s'effectue volontairement par le stress, dans une méconnaissance des moteurs humains, dans une vision court-termiste. Ceci est encore malheureusement trop souvent considéré, par ignorance, comme une pratique  performante. Il existe également des organisations dans lesquelles une ou plusieurs personnalités perverses ont le champ libre pour exercer un pouvoir abusif. 

Bref, il existe une perception fréquente de "violence ordinaire" au quotidien, qu'elle soit due à la pression organisationnelle et/ou relationnelle, à des usages inadaptés de nouvelles technologies, à des évaluations mal vécues, à une structure pyramidale de plus en plus sclérosante ou à tout autre motif. Les raisons et les contextes sont nombreux. 

Bien sûr, une structure telle que Profil-Leader est souvent sollicitée dans ces situations de dysfonctionnements. Mais nous sommes également très fréquemment témoins de contextes de bonheur au travail. L'on nous contacte alors pour des missions de maintien d'équilibre : entretenir une cohésion, conduire des formations de développement personnel, accompagner un changement de direction...

C'est pourquoi il est important de dire que le bonheur et le bien-être en entreprise existent !


Nous rencontrons de nombreux collaborateurs heureux de venir travailler le matin. Leur source de bonheur au travail est, là aussi, à trouver dans la combinaison de multiples rouages et moteurs, à la fois liés à l'environnement et aux personnes. Toutefois, on note des constantes partagées par les personnes qui se déclarent heureuses au travail :

  • Le sentiment d'exercer un "métier" et non pas une "fonction"
  • Le sentiment d'être utile dans la contribution que l'on apporte
  • La reconnaissance par sa hiérarchie, ses pairs, l'extérieur (public, clients, patients...)
  • Le sens des actions que l'on mène
  • Le climat relationnel paisible
  • Une solidarité de l'équipe
  • Des valeurs humaines réellement incarnées dans une pratique quotidienne

Autant d'éléments qui rejoignent la notion de "Bonheur National Brut" développée par le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz. Notons que toutes les études démontrent qu'au-delà d'un seuil de sécurité, la rémunération intervient peu dans la perception de bonheur au travail. Tel, par exemple, ce manager rencontré en entreprise de tourisme, nous expliquant : "Moi j'ai volontairement changé d'entreprise il y a 2 ans. J'avais un salaire bien supérieur pourtant. Mais j'étais sous  pression en permanence, je trouvais plus de sens à mon métier. J'étais devenu autre chose que moi-même. Aujourd'hui je me sens vraiment heureux de venir le matin. Mes revenus ont diminué de 30%, mais je me sens tellement mieux !"

Une culture de collaboration équilibrée, de solidarité, de partage de vision, créent une nappe rassurante pour les individus, et aident à développer un sentiment d'appartenance très utile aux repères temporels et psychologiques. Dans un contexte incertain, entretenu par des crises et un discours ambiant anxiogène, il est d'autant plus rassurant de pouvoir se recentrer, compter, s'appuyer sur des valeurs essentielles d'entraide, d'objectifs collectifs portés par un ensemble qui se reconnaît et trouve du sens dans ce qui est visé.

Des éléments d'information complémentaires :

"Sciences Humaines"  magazine mensuel qui consacre un dossier complet à ce thème dans son numéro de Novembre 2012.

A la poursuite du Bonheur National Brut - Courrier International du 19 Avril 2012

Le Congrès des Femmes Chefs d'Entreprises qui vient de s'achever et qui avait pour thème cette année : "Le Bonheur National Brut".


Marie-Christine Oghly lors du congrès des Femmes chefs d'entreprises

dimanche 14 octobre 2012

Réseaux sociaux et crises : ils changent les sociétés, le monde… et l’entreprise




Avènement du web 2.0, les réseaux sociaux ont investi bien des sphères de la société, transformant les modes d’information, d’expression et d’interaction. A cela s’ajoutent les crises déclarées, visibles depuis 2007, bouleversant l’homéostasie des sociétés et des entreprises. Ainsi, pour répondre aux nouveaux enjeux du monde économique et du monde tout court, les manières de penser l’entreprise, l’organisation et le management doivent évoluer et se restructurer sous peine de ne pouvoir projeter et construire un futur cohérent, souhaité plutôt que subi.


La société se réorganise

Les changements sociétaux se sont multipliés, accélérés au cours des dix dernières années, s’apparentant souvent même à des bouleversements : mondialisation, globalisation économique, environnement / écosystème / biodiversité, crises financières et sociales, révolutions politiques… Le tout, au rythme d’un autre mouvement : celui des nouvelles technologies de communication.

Tout est allé si vite que les sociétés commencent tout juste à prendre conscience des mutations. Mais bien des entreprises françaises, quant à elles, tout comme n’importe quel organisme vivant face à une perception de danger, hésitent entre la fuite, la lutte et l’immobilisme. Peu ont réalisé ou surtout intégré les conséquences des changements du monde. 

Nos jeunes générations sont nées avec un téléphone portable greffé à l’oreille et un clavier au bout des doigts. Ils ont grandi avec les réseaux sociaux, ces enfants d’internet que Michel Serres nomme « Petite Poucette » en raison de l’usage constant du pouce pour communiquer par texto ou réseau. Reliés à leurs « clans » la plus grande partie du temps par une connexion, ils ont développé au travers de la technologie de nouvelles formes relationnelles, basées sur l’échange, le partage et la « co » relation : co-llaboration, co-opération, co-oportunité, co-création, communauté.  

Ces jeunes adultes (autrement appelés « digital natives » ou encore génération Y) ont une vision circulaire des ressources, de l’information, des connaissances : l’important n’est pas d’en être propriétaire, mais de pouvoir y accéder et les utiliser.

Ainsi a-t-on d’abord vu fleurir des logiciels open source et au-delà, tout un monde coopératif, démarrant sur internet et s’incarnant ensuite dans une réalisation concrète. Cette tendance s’est encore accentuée avec les crises apparues depuis 4 ans. On en est aujourd’hui à un monde de : partage d’informations et de savoirs (presse, co-universités, wikis…) d’opinions et de réflexion (think-tanks, forums, blogs), co-working, réseaux solidaires, consommation collaborative, mouvements collaboratifs alimentaires, co-voiturage, co-location, co-habitat (avec partage de ressources), co-financement (financement participatif, prêts communautaires, capital-risque solidaire).
Bien plus que des formes de simple « débrouille », c’est un nouveau mode de vie qui a déjà investi de nombreuses strates de la société, et plus uniquement les très jeunes.
La forme imprime le fond. Et les possibilités offertes par les outils numériques ont ainsi commencé à modifier certains fonctionnements sociétaux et modes de pensée, réinventant par la base la RES PUBLICA aux valeurs réaffirmées sur le net et les réseaux sociaux :

  •  Liberté : d’expression, d’opinion (tant de possibilités de co-réflexion) de créativité, d’initiatives. Une intelligence collective qui émerge de façon totalement volontaire, sans repères pyramidaux ou hiérarchiques.
  • Egalité : le pouvoir conféré par le savoir n’est plus. Où que l’on soit, ville ou campagne, quel que soit le moment, tout un chacun peut accéder aux savoirs et à l’information en temps réel. Ils ne sont plus l’apanage de quelques uns, d’un territoire, ou d’un temps donné. Chacun a « voix au chapitre » et, s’il a un talent, a ses chances de le faire connaître et reconnaître par les internautes sans les freins habituels. On peut oser davantage.
  • Fraternité : une logique de partage, de confiance, de coopération, d’économie collaborative. Un sentiment d’appartenance et d’engagement choisis.

Pas d’angélisme

Bien sûr, on ne saurait ignorer les risques et travers de ces nouveaux modes d’interaction :

  •    De la communauté au communautarisme, le pas peut parfois être franchi.
  •    L’accès aux savoirs ne signifie pas toujours la compréhension des savoirs.
  •    La libre expression, souvent possible de manière anonyme, peut donner lieu à des excès et des déchaînements peu éthiques. L’on peut facilement détruire sa propre e-réputation ou celle d’un tiers.
  •   Si le plus grand nombre a accès aux nouvelles technologies, certains en sont encore exclus.

Tout n’est pas simple et idéal et même si l’envie et la volonté de collaborer se développent de façon naturelle, il ne faut pas éluder les écueils. Ceci étant, il est important de comprendre que la collaboration n’a rien de nouveau. Elle a fait partie du processus d’évolution humaine grâce auquel l’homme a pu survivre dans un environnement hostile.



La collaboration s’inscrit dans notre biologie humaine

L’idée selon laquelle l’individualisme et la compétition font partie de la nature humaine est une croyance répandue, que l’on nous transmet dès l’enfance, notamment dans le système éducatif. Mais ça n’est qu’une croyance, même si la théorie de l’homo economicus a pourtant largement imprégné nos visions du monde et nos façons d’interagir dans la vie, dans la vie économique et dans l’entreprise. 

Pourtant, dès les années 70, Eibl-Eibesfeeldt, fondateur de l’éthologie humaine, affirmait que les normes morales ont des fondements biologiques et que « la nature humaine est sociable et accueillante, même si nous ne pouvons ignorer qu’elle comporte des tendances antagonistes ». Les nombreux travaux de l’éthologue Frans de Waal quant à eux ont largement développé et renforcé ces notions. « L’empathie fait partie intégrante de notre évolution » nous dit-il à partir de l’observation de l’altruisme des chimpanzés et des bonobos avec lesquels nous partageons 99 % de patrimoine génétique. « Elle est un trait robuste qui se développera chez quasiment tous les êtres humains, sur lequel la société peut compter et qu’elle est en mesure d’encourager et de cultiver. C’est un universel humain »1. L’anthropologue Douglas Fry2 et bien d’autres ont également démontré ces dernières années que les chasseurs-cueilleurs, nos ancêtres, ont une logique de partage en situation de rareté comme en contexte d’abondance.

Par ailleurs, les séries d’expériences menées par la psychologie moderne et les neuroscientifiques prouvent que l’altruisme est spontané chez le tout jeune enfant, que cette capacité est innée et que l’éducation ne fait que la renforcer (ou pas) sans la créer. Ces recherches viennent bien sûr contredire les affirmations de Freud ou de Piaget.

Ce que l’on sait aujourd’hui grâce à l’étude du cerveau, c’est que l’altruisme est ancrédans notre biologie au travers des neurones miroirs, de l’hormone de l’attachement (ocytocine) essentielle aux relations humaines car favorisant l’empathie, la générosité, la confiance3, et des circuits de la récompense. La relation de collaboration liée à l’altruisme s’inscrit dans une logique biologique de survie et de maintien de l’espèce : il est plus utile de coopérer lorsqu’on n’est pas le plus fort, qu’on ne sait pas tout, qu’on ne peut pas tout. Et, phénomène très important, la coopération vient activer dans le cerveau nos circuits de récompense qui restent par ailleurs inactifs lorsque nous sommes en situation de compétition. Même s’il est incontestable que l’agressivité et le combat font partie de notre potentiel, la propension à la collaboration et à la générosité sont partie intégrante du capital humain et sont ce qui est recherché, à la fois pour survivre et pour se faire du bien. Ceci est une tout de même une gifle magistrale aux théories basées sur un égoïsme naturel.



L’heure de la transversalité : vers un management collaboratif

La révolution initiée par les réseaux sociaux commence à se prolonger dans l’entreprise. Plus que jamais celle-ci est un acteur de la société. 

Modulant les relations externes de l’entreprise, les réseaux sociaux influencent les politiques marketings et les stratégies. Parfois hélas, l’entreprise qui n’a pas su anticiper et mesurer l’importance de ces nouveaux medias peut avoir à en subir les inconvénients. On parle de vous, que vous le vouliez ou non. En bien… ou en mal. La notoriété positive se développe de façon construite et volontaire, et elle se détruit en quelques clics avec la publication d’une vidéo  ou d’une information compromettantes.

Et les medias sociaux impactent également les relations internes. Via ces jeunes générations arrivées avec des codes différents, face auxquels certains managers ne savent comment se comporter. L’autorité hiérarchique, le pouvoir du savoir semblent ne pas avoir beaucoup de prise sur les « réseauborateurs ». L’autorité pyramidale, l’information et les consignes descendantes sont un mode de fonctionnement incompréhensible pour eux, qui ne produit que peu d’engagement. Michel Serres nous rappelle que la véritable autorité est celle qui grandit l’autre, et de citer l’étymologie du mot : « auctoritas, dont la racine se rattache au même groupe que augere, qui signifie "augmenter" »4. 

Une autre forme de leadership doit ainsi apparaître. A l’heure des technologies et outils collaboratifs, pourquoi ne pas s’inspirer de ces pratiques et modéliser l’entreprise sur la même logique ? Le partage d’information, transversal aujourd’hui sur les réseaux, peut aider à structurer les relations dans l’entreprise sur le même mode. Pour les « réseauborateurs » les rapports sociaux sont essentiels, y compris dans la sphère professionnelle. 

Il est besoin d’une nouvelle culture d’entreprise qui recrée du collectif et de la solidarité.  Par nécessité : adaptation-survie-communauté d’intérêts.  Et par envie : plaisir de la récompense, du sentiment d’appartenance, d’action et de contribution. 



C’est à ce prix qu’est l’avenir de l’entreprise et des collaborateurs. Parce que les actions, les décisions s’inscrivent aujourd’hui dans un hyper mouvement et une accélération vertigineuse. Parce qu’il faut une anticipation et une adaptation permanentes et des capacités de créativité démultipliées. Parce que bien sûr personne ne sait tout. L’intelligence collective est alors une composante essentielle de la collaboration.  
Mais, même si le besoin et l’envie sont présents, et si la co- relation s’instaure de fait de plus en plus,  même si l’on sait que l’information  partagée renforce l’empathie, la créativité et la co-action, coopérer s’apprend ou se réapprend. La solidarité, ça se construit dans le temps. Nous devons travailler notre intelligence sociale.  

Des projets élaborés en commun, des valeurs co-construites et vécues dans un quotidien opérationnel, un mode de management collaboratif. Les ressources foisonnent pour s’accoutumer à mettre en œuvre une sociocratie : théorie U, WorldCafé, forums ouverts, jeux coopératifs, projets solidaires hors champ professionnel, RSE (qui peut tout aussi bien signifier « Responsabilité Sociétale de l’Entreprise » que « Réseau Social de l’Entreprise »).

L’entreprise doit faire émerger de nouveaux paradigmes pour anticiper et construire son avenir. Cela veut sans doute dire s’alléger des certitudes, mettre un mouchoir sur certains a priori, faire le deuil des relations pyramidales car elles ne sont plus adaptées, s’ouvrir avec curiosité aux innovations, à l’inédit, voire à l’impossible et à l’utopie ! Remplacer la peur et l’attentisme par l’audace. Rappelons en conclusion cette maxime d’Einstein : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».

Pour aller plus loin, cliquer ici

 Références :
1 Le bon singe. Les bases naturelles de la morale – Frans de Waal
L’âge de l’empathie. Leçons de la nature pour une société solidaire – Frans de Waal
2 The Human potential for peace. An Anthropological challenge to assumptions about war and violence –   Douglas Fry – University Press
4 Article de Michel Serres : « La seule autorité possible est fondée sur la compétence » http://www.lepoint.fr/societe/michel-serres-la-seule-autorite-possible-est-fondee-sur-la-competence-21-09-2012-1509004_23.php
« Vive la co-révolution ! – Pour une société collaborative » - Stéphane Riot, Sophie Novel
« La bonté humaine  - Altruisme, empathie, générosité » Jacques Lecomte
« RSE, ou comment Remettre de la Solidarité dans l'Entreprise » JM Pasquier - http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/remettre-de-la-solidarite-dans-l-entreprise_1165310.html
Entrepreneurs d’avenir : http://www.entrepreneursdavenir.com/
Institut des futurs souhaitables : http://www.futurs-souhaitables.org/
Génération responsable : http://www.facetoface-eshop.com/boutique/gr/